jeudi 20 juillet 2017

Six mois de Bullet Journal: le bilan



      Même si j'avais déjà tenté avant l'aventure bullet journal, je me suis enfin tenu fidèlement à un seul cahier dédié à cet effet pendant six mois consécutifs. L'occasion pour moi de vous expliquer rapidement ce concept que vous avez déjà trop vu sur internet, mais surtout d'expliquer en quoi il m'aide dans la gestion quotidienne de ma santé mentale, histoire d'en inspirer certains à faire de même!

Tout d'abord, si vous n'êtes pas familiers avec le concept, je vous invite à regarder cette vidéo sur le sujet qui est assez complète, m'a motivé à m'y mettre, et qui m'évite de faire tout un layus sur la méthode.

                                     
    


Voici donc mon bébé, un Leuchtrum pointillé, qui est rempli aux deux tiers à ce moment de l'année.



La première chose à faire en commençant, c'est de déterminer les icônes que vous allez utiliser, aussi appelés "keys". Les miennes sont assez hypocrites car j'en change en réalité presque chaque mois.




Comme le but du Bullet Journal est d'organiser son temps du plus long terme au plus court terme, le miens commence avec un Future Log sur les six derniers mois, qui vous donne un aperçu de la manière dont je fonctionne. 

Dans mon cas le Future Log permet de noter mes rendez-vous médicaux qui sont  nombreux (psychiatre, psychologue, kiné...), mais aussi toutes les échéances que je rencontre dans mes études (rendu de devoir, résultats, partiels). Il me permet également de ne pas oublier les anniversaires, les évènements importants, les dates de vacances et de voyage.





Vient ensuite le Monthy Log, un calendrier du mois qui me permet d'avoir une vue d'ensemble sur le mois à venir. J'y note mes rendez-vous, les événements qui m’intéressent, les échéances quand elles arrivent.

Ci-dessous, vous pouvez voir la différence entre le moment où je commence l'entrée du mois, et le moment où je la fini. Vous constatez à quel point le Bullet Journal n'a pas besoin d'être parfait pour fonctionner: je change souvent de stylo, de couleur, j'efface ou déplace certaines de mes notes, tout est permis!



Chaque mois, j'ajoute à mon Monthy Log trois pages fixes, qui ne changent pas, et qui me permettent de m'organiser efficacement. 

La première double-page comprend un Habit Tracker, grâce auquel je peux suivre mes prises de médicaments, mon sommeil, mon alimentation, mes tâches ménagères, mon hygiène de vie, mes bonnes habitudes à prendre (lire, écrire,  faire du sport, regarder des films, sociabiliser...), et tout ce qui est important. 
Cette page m'aide beaucoup notamment pour ne rien oublier de ce que je fais quotidiennement, et me permet de voir ce que j'ai oublié de faire ce mois-ci (pas assez lu, regardé trop de série et pas assez de films, trop sociabilisé) ou si j'ai oublié de prendre mes médicaments par exemple. Pour moi, c'est une page qui est essentielle à l'organisation de ma vie quotidienne, mais elle n'a rien d'obligatoire!



La deuxième est celle de mes Comptes, qui me permet de vraiment bien répartir mon argent et de voir ce dans quoi j'investis le plus. Je les divises en plusieurs cases: dépenses fixes, courses, dettes, shopping, sorties, culture, et wishlist.
Cette page m'aide beaucoup, car je vis seule depuis 5 ans et que j'ai souvent du mal à comprendre où part tout mon argent. Grâce à mes comptes, je sais toujours à qui je dois de l'argent, qui m'en doit, et ça me permet de me surveiller et ne pas faire trop de dépenses inutiles, type shopping ou repas à l'extérieur.



La troisième page est selon moi la plus importante pour ma santé mentale, puisqu'elle regroupe mes objectifs du mois, et mon Mood Tracker. 

Je vous ai déjà parlé dans mon article sur la bipolarité l'importance, dans ma maladie, accordé au suivi des humeurs. J'ai utilisé pour mon tracker le spectre habituel des troubles de l'humeur (de suicidaire à maniaque), en ajoutant aussi des humeurs "normales", comme joie, tristesse, neutre, en colère, angoissé. Suivre mes humeurs me permet de voir l'effet de mon traitement sur celle-ci, mais aussi la durée de mes phases et leur régularité. C'est un outil qui est très utile à mon psychiatre notamment.


Récemment, j'ai aussi consacré une page à mon traitement, à ses effets secondaires, et à ses conséquences sur mon poids. Ayant changé de psychiatre récemment, je test de nouveaux régulateurs de l'humeur et de nouvelles posologies qui évoluent d'un mois sur l'autre. Il est important pour mon suivi psychiatrique que je sois conscient des effets sur mon corps et mon moral de ces médicaments. 


 Viennent enfin les pages de to-do list quotidienne, appelés les Weekly ou Daily Log. Dans mon bullet journal, je test chaque semaine de nouvelles formes, suivant mes envies ou ce qui m'inspire. Je ne pense pas avoir encore trouvé la forme parfaite qui me convient, mais ce n'est pas grave! Votre bullet journal est fait pour évoluer avec vous. Quelques exemples des derniers mois:







Enfin, il existe dans mon Bullet Journal des tonnes de pages pour des buts précis. 

Pour mes cours, je fais régulièrement des pages avec des to-do list spéciales pour mes devoirs. J'ai aussi mon emploi du temps et le planning des rendus et des partiels notés, pour toujours les avoir sur moi.

Il m'arrive de faire des pages de résolution, des notes que je prends sur une vidéos que je regarde, mes listes de course, des idées d'article, des liste de départ en vacance, etc. Ces pages-ci sont souvent au milieu de deux Daily Log, puisque la règle est de toujours écrire à la page suivante, et de ne pas réserver des pages en fin de cahier pour cet usage-là. C'est ce qui rend votre bullet journal unique, alors ne vous prenez pas trop la tête sur la forme de ces pages-ci.




Voilà pour la présentation de mon Bullet Journal! Personnellement, je trouve ce format très pratique, dans la mesure où il me permet d'avoir toute ma vie dans un seul cahier que j'emporte toujours avec moi. Je ne suis jamais pris au dépourvu, je n'oublie plus rien, et je peux noter toutes les idées qui me passent par la tête quand ça me chante sans voguer entre plein de petits carnets comme j'avais l'habitude de le faire. Pour le suivi de ma santé mentale, cet outil est très utile, dans la mesure où je peux y lire l'évolution de mon état au fil des mois, et voir comment j'avance. Je conseille vraiment le Bullet Journal aux gens qui comme moi ont des soucis d'anxiété, car je suis beaucoup moins angoissé maintenant que je peux tout contrôler dans un cahier.

Si vous en tenez un aussi, j'aimerais beaucoup le voir.
 A quoi vous sert-il?

vendredi 30 juin 2017

Les Pensées #3 : Les jours sans.

Aujourd'hui est un jour sans. En anglais, les bipolaires que je peux suivre sur tumblr ou youtube appellent ça les "low days". Ces journées où, sans crier gare, mon cerveau a décidé qu'il faisait grève, et que j'allais devoir faire sans lui.  Alors je fais sans. Sans sensation de faim, sans énergie, sans envie de me lever, sans motivation, sans joie, sans envie de vivre, sans envie de rien.

Souvent, je dis que le pire dans ma maladie, c'est les périodes mixtes. Maintenant que je suis en plein dans un jour sans, je me dis que finalement, ça me manquerait presque, l'état mixte. Au moins, quand la dépression se mélange à la manie, je ressens de la colère, de l'énervement, de l'irritabilité, de la frustration, de la tristesse; je me sens capable de soulever des montagnes à coup de poing dans la figure, j'ai de l'énergie à revendre, certes pour m'autodétruire, mais j'en ai, et ça donne l'impression d'avancer. Les jours sans, eux, sont vides. Ils ressemblent à ce ciel gris-blanc d'avant la pluie, à cette lumière dégeulasse et aveuglante, qui donne l'impression claustrophobe d'être enfermé sous une cloche. Les jours sans, c'est ne pas se lever de la journée, être à peine capable de manger, être content quand on a réussi à prendre une douche, même si on y est resté trop longtemps jusqu'à ce qu'on ai l'impression de se dissoudre sous l'eau brûlante, c'est ne pas être capable de lire, de rester concentrée sur une série ou un film, rester juste à fixer le mur de sa chambre, nu et en chien de fusil sous sa couette, avec le chat qui ronronne à ses pieds, pendant des heures, sans bouger. Les jours sans, c'est aussi les jours préférés de mes pensées intrusives, qui profitent de ce vide abyssal pour s'incruster dans mon cerveau, une à une. Les pensées intrusives, je crois qu'on les connais tous, malades ou pas malades. Quand on a un cerveau sain, on les connait sous leur forme de "Et si?": "et si j'avais oublié de fermer le gaz?", "et si j'avais perdu mon téléphone", mais elles s'évaporent aussi vite qu'elles sont apparues, chassées comme des mouches par un geste agacé de la main. Chez moi, elles sont aussi nombreuses que dangereuse. Car elles me connaissent bien, ces pestes. Elles savent comment titiller mes trigger, comment appuyer sur mes insécurités, comment se presser autour de mes angoisses. "Et si tu n'allais pas au travail? Et si tu étais bonne à rien, en fait? Et si cette personne te détestait sans que tu le saches? Et si tu étais un monstre? Et si tu devais mourir? Et si tu manquais à personne? Et si le monde se portait mieux sans toi?". Puis, progressivement, au fil des heures, le "et si" tombe, transformant ces petites questions perfides en affirmations sentencieuses: "Ne vas pas au travail. Tu es bonne à rien. Tout le monde te déteste. Tu es un monstre. Tu dois mourir. Tu manqueras à personne. Le monde se portera mieux sans toi.". Elles se déclinent à l'infini, tournent en boucle, font resurgir les mauvais souvenir, rouvrent les plaies suintantes, se transforment parfois en ordre de se faire du mal, de faire du mal aux autres, de se donner la mort, pour qu'au moins tout s'arrête. Elles piquent partout où ça fait déjà mal, et j'essaie de les repousser de toutes mes forces, mais cette lutte m'épuise, me cloue au lit, m'empêche de sortir de chez moi, de parler, d'ouvrir les yeux même. Ainsi je reste, en chien de fusil, un oreiller serré contre moi et le cerveau en champs de bataille, jusqu'à ce que le sommeil vienne me sauver de cette affreuse journée, me promette que demain ira mieux, jusqu'à ce qu'au réveil, il recommence - un autre jour sans.


lundi 26 juin 2017

Chevelure de Sirène, partie III : quelle couleur choisir?

    Pour continuer sur ma lancée des articles capillaire, et parce que la question m'a souvent été demandée, je vais tâcher aujourd'hui de vous présenter les meilleures colorations semi-permanente pour chevelures de sirène, le tout organisé par couleur, et testé par votre serviteurice ici présent.e.

ROUGE

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Je triche car je commence par une couleur que je n'ai jamais testé en couleur semi-permanente. 
Pour faire du rouge, j'ai toujours utilisé les couleurs de supermarché, qui fonctionnent très bien. 
Si vous tenez à acheter de la couleur dans vos marques habituelles, je conseille le FIRE de Direction, un concentré de pigments rouges qui, non dilué, dure jusqu'à trois mois sans jamais tirer vers le rose. 


ORANGE

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Là encore, Le Mandarin de LaRiche Direction semble mettre tout le monde d'accord. Pour une alternative moins cher, je conseille aussi le Sunrise Orange d'Adore. 


JAUNE

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Le jaune  d'Arctic Fox est une couleur que j'ai eu l'occasion de tester récemment sur ma jolie amie Kuraiden, méritant son surnom de Jaune Snow. 

VERT

J'ai eu l'occasion cette année de tester plusieur sortes de vert, mais je vais en retenir deux qui sont assez modulable. 

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Pour un vert feuille, très flashy, vous pouvez vous tourner vers le Iguana Green de Special Effects, qui est à ma connaissance celui qui tient le mieux. 
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Pour un vert plus foncé, je préconise l'utilisation du Pravana Green non-dilué, ou mélangé avec un peu de noir pour un effet vert foret. 


BLEU

Ici encore, je vais devoir faire plusieur catégories de bleu, qui correspondent à plusieurs envies.
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Pour un bleu turquoise, on ne peut pas se tromper en utilisant le Turquoise de Direction, qui conquit beaucoup de monde, à condition d'être utilisé pur. 

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Pour un bleu plutôt vert d'eau, je conseille l'Aquamarine d'Adore, utilisé aussi pur.

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Pour un bleu marine, le Blue Velvet de Special Effects est parfait.

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Pour un bleu tout simple, on peut faire confiance au Pravana Blue, que j'utilisais jusqu'à récemment.

Attention: Si l'Aquamarine et le Turquoise tirent vers le vert en dégorgeant, les deux autres tirent plus vers le violet.


VIOLET

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Après des années de violet, je peux affirmer que le Pravana Violet est de loin celui qui tient le mieux, et qui est le plus modulable. 
En mettant une petite goutte dans de l'après shampoing, vous pouvez même en faire une coloration lavande, ou un masque violet pour éradiquer les reflets blonds. 
Utilisé pur, il dure très longtemps et ne dégorge pas, contrairement au Deep Purple de Special Effects, que je continue à utiliser mais qui est un enfer au quotidien, car il déteint sur tout! 

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Si vous êtes à la recherche de colorations moins coûteuses, je vous conseille l'excellent Eggplant d'Adore,  tirant un peu plus vers le rouge.


ROSE

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Pour moi, il n'y a qu'un seul rose qui vaille la peine d'être acheté, c'est l'incroyable Atomic Pink de Special Effects. Qu'il soit dilué pour un rose pale ou utilisé pur pour être presque néon, sa tenue est infinie, et il déteint sur un joli rose pêche qui finira par être un joli blond doré. Vous ne pouvez pas vous tromper avec celui-là. Si le prix vous rebute, sachez qu'utilisé pur ou peu dilué, la couleur peut tenir jusqu'à trois mois, ce qui rend l'achat largement rentabilisé! 

GRIS


Aaaah, le gris, la couleur infernale. N'espérez même pas l'obtenir sans avoir les cheveux blonds tirant vers le blanc. Pour cela, il faut, après votre décoloration, laisser poser un shampoing violet pendant dix minutes, ou mieux encore, faire une patine sur cheveux secs de violet très très dilué dans de l'après shampoing, à ne pas laisser poser plus de 5 minutes. 

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Une fois que cela est fait, vous pouvez vous tourner vers le Silver de Pravana, qui est le gris qui tourne le moins vers le jaune que j'ai trouvé. 

Pour l'entretenir, n'hésitez pas à investir dans le shampoing et le soin cendreur de chez Mulato, cher à l'achat, mais salvateur. Je vous renvoie sur le blog de Chpupi qui en parle mieux que moi.

C'EST BIEN GENTIL TOUT CA MAIS CA S’ACHÈTE OU?

Pas de panique! La plupart des couleurs que j'ai évoqué peuvent être achetées sur HairCrazy et BeeUnique, deux sites d'outre-manche qui sont sûrs et qui restockent souvent. 

Si les frais de port te font peur et que tu n'as pas d'ami.e.s sirène quin veulent bien partager la note pour une commande groupée, tu peux toujours te consoler sur ColorMania, un site français qui vend du Directions et quelques nouvelles marques comme Lunar Tides que je n'ai pas eu l'occasion de tester. 

Pour les Arctic Fox, y'a pas de solution: il faut fouiller amazon et ebay, et c'est pas donné.
 Pas forcément le meilleur plan quand on veut commencer!

& si vraiment, tout faire tout.e seul.e te terrorise, je rappelle que je tiens un salon de coloration à domicile depuis quelques mois pour des prix plutôt bon marché (maximum 40 euros pour toute une tête décolorée + une couleur), chez moi, à Paris (ou chez toi, d'ailleurs!). 
Tu peux retrouver mon travail et me contacter sur ma page instagram.



& toi, quelles sont tes marques de couleur fétiches? 
Lesquelles as-tu eu l'occasion de testé sur ton poil de tête? 
N'hésite pas à témoigner en commentaire pour allonger cette liste!


vendredi 4 novembre 2016

Favoris d'Octobre

   Ce mois-ci, j'ai eu envie de vous parler de milles choses à la fois, et comme c'est un peu confus, autant tout rassembler en un article géant de Favoris d'Octobre (et Septembre, je triche). Qui sait, si je me motive et si ça vous plait, on peut en faire un rendez-vous mensuel!

W E B S I T E S :

Je me suis remise à Pinterest. Je ne m'en étais jamais servie activement, et l'application mobile/le bouton sur google chrome m'a vraiment permis de m'y mettre. Je ne m'en passe plus, toute ma vie se concentre dans mes pins. En tant qu'organization freak, cela me facilite vraiment la vie de pouvoir classer toutes mes inspirations en milliards de dossiers. N'hésitez pas à me suivre/à m'envoyer le votre!

J'ai également entrepris de refaire mon tumblr, et d'y rajouter quelques nouvelles catégories. J'ai viré une centaine d'abonnements qui ne me plaisaient plus, et suis à la recherche d'un dashboard qui me correspond mieux. 

A R T :

Niveau ZINE, j'ai reçu deux commandes dernièrements dont je suis obligée de vous parler. 

Premièrement, laissez moi vous parler du SAD GHOST CLUB, qui a commencé sous forme de zine/comic et qui s'éteint maintenant en collections de vétements, patchs, badges, et qui organise également des workshops aux Etats-Unis! Le principe du Sad Ghost Club est de réunir toutes les personnes souffrant de maladies mentales ou toutes les personnes se sentant en décalages avec la société autour de ces comics qui font du bien. J'ai acheté toute la collection de zine cet été, avec laquelle j'ai reçu un patch, des cartes postales, et des autocollants. Je ne saurais que trop recommander ces zines qui m'ont fait beaucoup de bien.

thesadghostclub:
“ The last page from Thoughts from a sad ghost x
New Store//facebook//instagram//twitter
”

Pour Halloween, j'ai - enfin - reçu ma copie du Modern Witches Artbook, qui est malheuresement out of stock mais qui va me permettre de vous faire connaître le blog Modern Witches Daily.  L'artbook est le produit d'un travail collaboratif de plusieurs illustrateurices qui souhaitaient travailler sur le thème de la sorcellerie dans un monde moderne, et de la façon dont la magie se pratique aujourd'hui. Vous allez vite comprendre dans les travaux que je vous présente que l'esotérisme et le witchcraft sont depuis quelques mois mes sujets de prédilection, et je suis ce blog depuis plus d'un an. 

Sur twitter, vous avez peut-être entendu parler du witchy art challenge qui a servi à pas mal d'illustrateurices pour l'Inktober notamment Avalon que j'aime beaucoup et à qui j'avais passé commande.

En parlant d'inktober je vous conseille tout particulièrement celui de Blandinde, qui est de loin le plus inclusif que j'ai pu voir ce mois-ci, et l'un de mes préférés!!

Pour sortir un peu de l'illustration, je vous partage également le travail d'Adlan Mansri, photographe très nan goldin-ien que je viens tout juste de suivre et dont certaines séries me bouleversent sans que je puisse expliquer pourquoi, comme Vanishing Point ou Rear Windows. Vous pouvez acheter son book ici









 D I V E R T I S S E M E N T :

musique: 

                    
 J'ai vu ABRA en concert au Pitchfork le 29/10
et je vous conseille vivement d'aller la voir si elle passe dans votre ville. 
Seule sur Scène avec ses enregistrements musicaux, cette zouz a une présence incroyable.
 J'étais complètement hypnotisée paer sa voix et ses mouvements de danse. 
Rien à envier à M.I.A qui passait juste après!




   Idle Labor de Craft Spells. 
Mon album préféré, écouté durant Samhain. 
Parfait pour se recharger dans le bain ou booster sa créativité.

YouTube: 

The SCHOOL OF LIFE est selon moi l'un des meilleurs contenus que l'on peut trouver sur Youtube. Il s'agit d'un collectif qui traite de sujets de philosophie, de société, de développement personnel par de petites vidéos animées qui tombent toujours juste et me font toujours beaucoup de bien. Malheureusement, toutes les vidéos ne sont pas sous-titrées en français, mais il ne tient qu'à vous de collaborer pour le faire!









Jeux Vidéos: 


J'ai découvert UNDERTALE il y a plusieurs mois, mais ce n'est que ce mois-ci que j'ai enfin terminé ma True Pacifist Route. Il s'agit d'un jeu indépendant qui se finit en 5-6h pour une route, dont le pitch est le suivant: dans un monde où les humains ont enfermés les monstres au sous-sol après une guerre meurtrière, un enfant (nous)  tombe dans ce sous-terrain et essaie de regagner la surface. La route que vous prendrez sera différente en fonction des choix moraux que vous deciderez de faire: se battre contre ses ennemis, ou les épargner? C'est un jeu vraiment prenant dans lequel on s'attache aux personnages, à leur humour, à leur histoire, il m'a énormément aidé dans ma dépression, et m'a suffisament marqué pour que je me tatoue une référence au jeu au début du mois! Pour une critique plus complète sans spoil: là.

Livres:

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L'Invention de la Solitude de Paul Auster est un livre que j'avais dans ma liste depuis un certain temps, et que j'ai finalement dévoré en moins de trois heures. Vu mes difficultés à lire avec mon traitement et ma faible capacité de concentration, autant vous dire que c'est un immense gage de qualité. Si vous aimez lire sur le deuil, sur la mémoire, sur la quête d'identité, si vous aimez les autobiographies et l'écriture fragmentaire, ce livre est fait pour vous. Il est devenu immédiatement un de mes livres favoris: LISEZ-LE!!

*

Des recommandations pour Novembre?

lundi 3 octobre 2016

Get Enthusiast With Me #2 : mes albums du moment



  Pour faire une petite pause entre deux articles de type sérieux, je vous propose une collation culturelle pour le week-end, dans laquelle je vous parle de mes coups de cœurs musicaux du moment!


Les dernières sorties:



Pour se préparer à aller en boîte:




Mystère - La Femme



Suite à leur concert de Rock en Seine fin août, l’attente de ce nouvel opus m’a paru interminable. J’ai eu avec La Femme une histoire chaotique: en 2013, au moment de la sortie de Tropical Berlin, je refusais d’écouter au premier degré ce que j’assimilais à du Fauve amélioré. Et puis, doucement, l’album a eu raison de moi: Antitaxi a accompagné tous mes trajets de bus, Nous Etions Deux mes chagrins d’amour, Packshot et Saisie la Corde mes phases dépressives… Après une quinzaine d’écoute et trois concerts, Mystère me semble presque trop court par rapport au premier opus. Il s’agit pour moi d’un album bien plus fêtard, et bien plus automnal/hivernal que le dernier. L’absurdité habituelle des textes de La Femme aborde avec justesse cette période dans laquelle je me trouve actuellement, les premiers temps de l’âge adulte et ses paradoxes, ses peurs, sa bancalité. Quant à la musique l’inspiration vient d’ailleurs: rythmes disco, mélodies d’inspiration orientale (une chanson est même chantée en arabe) - on a quitté le psychédélisme pour revenir à du rock façon année 80, et ce n’est pas pour déplaire. A écouter sur le chemin de la boîte de nuit kitsch la plus proche, un gin tonic à la main.


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Pour rentrer de soirée au petit matin:



Heads Up - Warpaint



Honte à moi, j’ai attendu 2016 pour découvrir Warpaint, ce groupe psych-rock-impossible-à-classer-même-selon-NME de quatre meufs (dans le vent). C’est en apprenant qu’elle seraient présentes au Pitchfork Festival où j’ai l’intention de me rendre que je me suis penchée sur leur album Heads Up, qui est de loin mon plus gros coup de cœur de Septembre. J’ai immédiatement accroché à ces mélodies éthérées accompagnées de guitare bien rock. J’ai l’impression d’écouter du Tame Impala au féminin, du Cocorosie garage, du Santigold en pleine jeunesse. Un album pour les heures bleues et les confidences de fin de soirée.

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Pour bien se réveiller le matin/sous la douche:

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AIM - M.I.A


Décidément, 2016 est une année résolument féministe et engagée. Dans son nouvel album, M.I.A s’engage un peu plus politiquement avec des textes comme Visa, Foreign Friends, ou Borders. On peut reprocher à l’album de se répéter d’une chanson à une autre niveau parole et mélodies, d’être peu diversifié, même s’il offre de belles surprises comme Birds. N’essayez pas de l’écouter pour faire le ménage car votre productivité sera rapidement détournée vers une séance intensive de danse en culotte. Je vous aurais prévenu.

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La bande sonore de ton crush de rentrée:

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Carrément Carrément - The Pirouettes

Spotify | Youtube


Il semblerait que La Femme ai donné naissance à toute une nouvelle vague de variété pop française assumée ringarde et niaise. Ce n’est pas pour me déplaire. Ce premier album du duo The Pirouettes est un parfait fond sonore pour accompagner les amours naissants de début d’année. Allergiques aux paroles niaises, mélodies entraînantes, voix légères, esthétique empreinte des années 80: fuyez! Pour les autres, on se retrouvera cet été à chantonner Je Nous Vois ou L’Escalier dans les nombreux festivals qui aceuilleront sans doute ce joli groupe.


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Pour tout détruire:




Amnesty - Crystal Castles



Le départ d’Alice Glass nous ayant toustes bouleversé.es, ce quatrième opus des Crystal Castles version 2.0 était attendu au tournant. Bien qu’ayant acheté ma place pour le concert de décembre à Paris, je ne suis toujours pas tout à fait convaincue par cet album. Selon moi, il s’agit d’un album qui, plus que les trois précédents, recquiert une certaine inclinaison de l’humeur pour s’écouter. En un mois, Amnesty est devenu ma bande-son défouloir pour  moments de colère, d’irritabilité, d’épisode mixtes. J’aime écouter Enth et Concrete quand j’ai envie de tout casser, puis reprendre mon souffle sur Ornaments et Their Kindness is Charade. Frail reste cependant ma préférée depuis sa sortie en tant que premier single, et certaines pistes peuvent clairement se laisser tomber dans l’oubli. Ayant entendu parler de la très mauvaise réputation du groupe en live, j’attend le 2 décembre pour mettre Edith et Evan à rude épreuve. On se voit là-bas?


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Pour les nuits blanches et les trajets de métro:




Stranger Things Soundtrack

Spotify | Youtube


Mon obsession pour la série netflix Stranger Things est plus ou moins hors de contrôle. Pour tout vous avouer, je songe presque à en faire un article inspiration tellement j’ai récolté ces dernières semaines d’image et vidéos sur le sujet. Quoiqu’il en soit, si vous n’êtes pas encore convaincus par cette série (ce que je peux comprendre), laissez vous au moins transporter par sa bande originale absolument parfaite. Que de l’instrumental, du vaporwave/new retrowave qui sent bon les films de science fiction des années 80, une ambiance tout juste oppressante mais calme à la fois. Si vous cherchiez un fond sonore pas très imposant pour vos après-midi en bibliothèque, c’est ce qu’il vous faut.


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 Bonne écoute !

mardi 20 septembre 2016

Les troubles de l'humeur, c'est quoi? (première partie)




Avant de commencer cet article, je me permets de faire un disclaimer qui, je l’espère, va s’avérer utile. Il y a un an, j’étais diagnostiquée Bipolaire type II par une psychiatre, et ce diagnostique a été depuis confirmé deux fois au sein de deux établissements différents. Bien que je parle de mon expérience en deuxième partie de cet article, je tiens à préciser qu’un diagnostique de bipolarité définitif se fait en sept ans de psychothérapie. Il n’est alors pas impossible qu’au cours des prochaines années, mon diagnostique soit revu, corrigé, annulé. C’est pourquoi ce que je raconte ici n’est pas à lire comme une parole divine, il s’agit simplement d’un article informatif le plus complet possible, et vous êtes évidemment invités à me faire savoir les erreurs que je peux commettre.


Ce qui m’a motivé il y a six mois à commencer ce travail de recherche est une forme de frustration face à la relative absence de dossiers complets et accessibles sur le sujet en langue française. En effet, les informations que je vais développer ci dessous sont des traductions de sources anglophones telles que vidéos Youtube, articles scientifiques, conférences de psychiatres, documentaires, etc. En tant que patiente qui soutient l’auto-diagnostique, je trouve la démocratisation de l’information sur les maladies mentales essentielle. L’accès à des informations simples, organisées et complète permet aux patients de ne pas être en position de faiblesse par rapport à des psychiatres et autres professionnels de la santé souvent abusifs. Personne ne vous connait aussi bien que vous-même; se renseigner sur sa maladie, c’est apprendre à mieux en déceler les symptômes et à mieux la gérer au quotidien.


Ne veut pas être défini par le trouble bipolaire
Se sent beaucoup mieux en s'y identifiant

Les troubles de l'humeur: généralités.


Il faut savoir que le terme de “psychose maniaco-depressive”, longtemps utilisé, a été modifié puis supprimé dans le DSM V (la bible des trouble mentaux pour les professionnels de la santé mentale). On préfère désormais trier les maladies sous forme de “spectre”: spectre des troubles anxieux, spectre des troubles de la personnalité, spectre des troubles de l’humeur… Cette notion de “spectre” indique une certaine porosité entre les différents diagnostiques possibles, de telle sorte à ce que l’on fasse plus attention aux nuances.


Dans le cas des troubles bipolaires, le diagnostique est souvent long et difficile. Il n’est par exemple pas rare que l’on confonde bipolarité et trouble de la personnalité borderline, car les deux maladies présentent de nombreuses similitudes.  Ce qui distingue les troubles de la personnalité des troubles de l’humeur, c’est justement leur nom: chez les borderline, par exemple, la maladie et ses symptômes fait partie intégrante de la construction de la personnalité du patient; ainsi, les médicaments trop dosés auront tendance à complètement anihiler la personne, et à changer son comportement de manière drastique. Concernant les troubles de l’humeur, c’est donc la façon de ressentir et d’exprimer ses émotions qui varie en permanence.

site de l'association des tpb



Comment diagnostiquer la bipolarité?
Un auto-diag est-il possible?


Pour pouvoir se soupçonner bipolaire, il faut selon moi prêter une attention extrême à ses humeurs, et à leur évolution dans le temps. Pour se faire, ma première psychiatre m’avait conseillé de tenir pendant un mois un Mood Tracker comme celui-ci. Vous pouvez aussi le faire sous forme de graphique, ou utiliser des applications. Le suivi et l’analyse régulière de vos changements d’humeur est essentiel pour le diagnostique, et pour choisir le bon type de médicament. Encore aujourd’hui, j’ai dans mon Bullet Journal un moodtracker que je colorie tous les jours, et qui me permet, par exemple, de constater que je me suis sentie suicidaire 5 fois ce mois-ci, ce qui est plutôt élevé, et que la majorité de mes journées sont caractérisées par une humeur dépressive ; ce qui fait sens pour mon diagnostique, mais j’y reviendrais plus tard.


La bipolarité peut se “déclencher” à deux moments charnière dans la vie: entre 20 et 25 ans, ou entre 40 et 50 ans. La plupart du temps, des symptômes sont présents en amont, mais la maladie devient handicapante véritablement autour de ces âges-là.  L’hérédité est extrêmement fréquente chez les bipolaires. En ce qui me concerne, je suis au moins la 3ème atteinte de cette maladie du côté de ma mère, et la deuxième du côté de mon père; on m’a donc élevé dans l’idée que j’avais un “terrain psychologique fragile” qui expliquait mes comportements dépressifs et “anormaux” durant mon enfance/adolescence. Certaines personnes restent toute leur vie avec un trouble “endormi” dans le cerveau, une inclinaison à la bipolarité qui ne s’avère pas handicapante, ou qui laisse le pas à un autre diagnostique. Ma sœur a ainsi été diagnostiquée avec un trouble anxieux généralisé à ses 18 ans, après avoir été soupçonnée de bipolarité et de schizophrénie par des psychiatres.


On parvient à établir un premier diagnostique lorsque la maladie se déclenche de deux façons différentes: après un événement traumatisant, ou en réaction à une prise d’anti-depresseur. Dans mon cas, ce fut les deux. Je ne me souviens pas avoir un jour été heureuse plus de quelques jours, et j’étais dans une phase de sévère dépression depuis 9 mois quand mon meilleur ami s’est suicidé en mai 2015. D’après ma psychiatre, cet événement a fait l’effet d’un tremblement de terre dans mon cerveau, comme si je refoulais tout mon mal-être et mes traumas dans un point d’eau sécurisé par un barrage, et que le barrage avait éclaté, laissant place à une inondation. A partir de ce moment-là, j’ai commencé à aller pire qu’avant: de plus en plus d’agoraphobie, de changement d’humeur, de tentatives de suicide, de crises d’angoisse, de troubles alimentaires… C’est toute cette instabilité qui m’a motivé à aller voir pour la première fois une psychiatre en septembre 2015. Elle m’a immédiatement diagnostiquée d’un Syndrome de Stress Post-Traumatique et d’une dépression sévère. J’ai commencé les anxiolitiques (xanax) et des antidepresseurs (prozac) fin septembre. En plus indénombrables effets secondaires invalidants, l’antidepresseur a déclenché chez moi plusieurs phases dites hypomaniaques. C’est donc en octobre 2015 que j’ai été diagnostiquée Bipolaire de type II. Un mois après, j’étais en hôpital psychiatrique.

Enfin correctement diagnostiquée
"eh bien, tout s'explique."

Bipolaire type II, Ça veut dire quoi?

Avant d’aborder mon diagnostique et mon témoignage, il faut pouvoir faire la différence entre les “catégories” de troubles de l’humeur.

On distingue à ce jour quatre catégories, distinguées par la fréquence, la durée et l’intensité des phases du patient:

  • Bipolaire type I: caractérisé par un épisode maniaque de plus de 4 jours consécutifs, et d’un épisode dépressif de plus de deux semaines entrecoupé de période stable.
  • Bipolaire type II: caractérisé par un épisode hypomaniaque de plus de 4 jours consécutifs, et d’une humeur dépressive quasi-constante.
  • Cyclothymie: Longues phases d’hypomanie et de dépression moyenne qui se succèdent sans pause, souvent provoqué par les changements de saison.
  • Trouble bipolaire non spécifié

Un patient connaîtra en moyenne huit phases maniaques ou dépressives dans sa vie, sauf s’il est atteint du “trouble de cycle rapide”, qui se caractérise par la présence d’au moins quatre épisodes différents parmi l’hypomanie, la depression, l’apathie et l’épisode mixte au cours d’une année.



Le Type 1 est généralement le plus facile à diagnostiquer car les phases de manie sont souvent visibles et remarquées par l’entourage. Elles se caractérisent par une élévation anormale de l’humeur, un rythme de sommeil instable, énormément d’insomnies, une immense confiance en soi, de l’irritabilité, des réactions violentes, des idées grandiloquente, une grande créativité et productivité, un débit de parole accéléré, des plans impossibles à réaliser, une méfiance inhabituelle envers son entourage voir même de la paranoïa et des hallucinations dans les cas les plus graves. La plupart du temps, un épisode maniaque est progressif: moins le patient dort, plus son humeur s’élève, plus ses actes deviennent inquiétants voir dangereux. Un épisode se solde presque automatiquement par une hospitalisation, durant laquelle on administre au patient de grandes doses de thymorégulateurs, antipsychotiques et anxiolytiques, afin d’”éteindre” le cerveau. L’hospitalisation suite à un épisode maniaque est d’une durée de minimum 10 jours, et il est important que le patient soit pris en charge à la sortie de hospitalité afin de diminuer progressivement les doses des médicaments, sans quoi le retour “à la normale” sera impossible.

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Diagnostiquer un Type 2 est beaucoup plus compliqué. Seul le type 1 peut atteindre le stade de manie, tandis que le Type 2 atteint un stade que l’on appelle “hypomaniaque”. Ces phases se caractérisent également par une grande confiance en soi, une flux de pensée beaucoup plus rapide, un débit de parole accéléré, un mépris des conventions sociales et de la diplomatie, irritabilité, impatience, insomnies, sociabilisation exacerbée, extraversion, une grande productivité et créativité, et une inclinaison à adopter des comportements dangereux (alcools, drogue, hypersexualité…).

Hypomanie: je ne sais pas ce qu'il se passe, mais ça m'excite.


D’après Michel Bourin, psychiatre, la difficulté à diagnostiquer le type 2 vient du fait que l’hypomanie n’est pas perçue comme pathologique mais, au contraire, avantageuse socialement à cause de l’hypertravail qui est valorisé par la société capitaliste. La question à poser au patient est alors: “comment vous sentez vous lorsque vous n’êtes pas déprimés?”. En effet, la dépression est l’humeur par défaut du Type 2, contrairement au type 1 qui est capable d’émotions “normales” comme la tristesse, la joie ou une certaine neutralité. Bien souvent, le patient prend l’hypomanie pour son visage sain, puisqu’il ne ressent violemment que les phases dépressives et les épisodes mixtes, durant lesquels l’énergie de la manie est investie dans des comportements auto-destructeurs et suicidaires.






Ce qui distingue les bipolaires des autres troubles psychiques est donc principalement ce gouffre permanent entre trop et pas assez d’énergie. C’est ce qui rend le trouble difficile à vivre pour le patient, qui se sait imprévisible, instable, et donc s’identifie systématiquement comme un poids au sein d’un groupe.


Les travaux de groupe en phase depressive:
Toujours en train de s'excuser pour son rythme lent de travail



Cette oscillation constante de l’humeur est souvent la cause de troubles comportementaux alimentaires, mais aussi d’une tendance à l’alcoolémie, la toxicomanie, la nymphomanie, etc.


Par ailleurs, les idées suicidaires font partie intégrante de la maladie. C’est d’ailleurs la plus grande cause de mortalité chez les bipolaire, sachant que 20% des tentatives se soldent par une réussite. Si les idées suicidaires sont présentes en permanence dans les phases dépressives, c’est les épisodes mixtes qui sont les plus inquiétants, car ils se caractérisent par l’apparition de pulsions suicidaires, souvent incontrôlables et irréfléchies.


Selon Michel Bourin, le suicide des bipolaires est souvent incompris par l’entourage éloigné du patient. On dira bien souvent qu’il s’agissait d’une personne “brillante”, “rigolote”, “travailleuse”, voir d’un “génie”.


Il est facile de comprendre ce décalage quand on prend en compte l’immense tabou qui régit l’univers des maladies psychiques. Les troubles de l’humeur font partie des troubles les plus discriminés dans le monde professionnel, mais aussi dans l’obtention de certains services ou diplômes, comme le permis. Il est fréquemment conseillé aux patients de mentir sur leur état pour ne pas avoir de problème (par exemple, mon certificat pour le relais handicap de l’université comprend l’expression “instabilité de l’humeur” et non mon diagnostique détaillé).

Le World Bipolar Day, qui a lieu chaque année le 30 mars, a été mis en place pour lutter contre ces discriminations et le tabou qui entoure cette maladie. Quelques extraits de la chaîne YouTube française:



les personnes bipolaires sont-elles handicapées?


les personnes bipolaires sont-elle dangereuses?


les personnes bipolaires sont-elles plus créatives?



Dans un prochain article, je raconterais plus précisément mon experience avec la bipolarité, 
et je partagerais avec vous tout ce qui m'a aidé à vivre mon trouble au quotidien. 
 See you soon!